La rue Ermou, symbole de la crise

Dans les rues d'Athènes

Pour un étranger qui visite Athènes pour la première fois, l’image du centre de la capitale grecque semble à mille lieux de tout ce qu’il a pu voir dans les médias internationaux depuis le début de la crise.

Les rues sont propres et les cafés et restaurants bondés. La place Sydagma, haut lieu des manifestations contre les plans d’austérité successifs, est même flambant neuve comme si jamais elle n’avait vécu les émeutes violentes, dont les images ont fait le tour du monde. Au premier abord donc aucun signe flagrant de crise économique dans le centre historique de la ville.

Grandeur et décadence de la rue Ermou

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Le grand-magasin Fokas a fermé ses portes début 2014.

Cette première image est malheureusement bien trompeuse… À quelques mètres de la place Sydagma commence la rue Ermou, principale artère commerçante d'Athènes et donc de la Grèce. Classée en 2006 parmi les 10 rues les plus chères du monde, elle a été depuis 2009 frappée par un ouragan économique.

En marchant et en regardant de façon attentive, on remarque rapidement que toute une série de magasins sont fermés...Certains ont fait faillite récemment et gardent donc leurs enseignes d’origine comme l’énorme magasin Fokas qui a fermé ses portes au début 2014. D’autres emplacements, témoins de faillites plus anciennes, sont complètement vides depuis deux, trois ou quatre ans et on ne voit plus aucune trace de ce qu’ils ont pu être avant la crise…

L'arrivée des prêteurs sur gage

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Les boutiques de prêteurs sur gage ont investi la rue Ermou.

Plus saisissant encore mais invisible au visiteur non avisé, cette rue compte aujourd’hui pas moins de dix prêteurs sur gages. Si cela n’est pas trop voyant au premier abord pour le touriste, c’est que de tous ces magasins, un seul a une enseigne en caractères latin. Pourquoi ? Car ces gens connaissent bien leur clientèle et il est très peu probable que le touriste soit venu à Athènes pour vendre ses bijoux de famille. Les locaux par contre, à en juger par le succès grandissant de ces magasins qui poussent comme des champignons en terrain humide, sont de plus en plus contraints à ce genre de sacrifices pour faire face aux besoins du quotidien. Tout est écrit en caractères grecs, indéchiffrables donc pour la plupart des visiteurs étrangers…

Finalement, même les magasins en activité aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a cinq ans. Esprit, Channel et autres marques de luxe ont quitté la rue-phare de la capitale pour s’installer ailleurs et ont été remplacés par des marques plus accessibles.

© photo principale : Pavlos Kapantais © autres photos : Pavlos Kapantais