Qui sont les Evzones ?

Les Evzones (Εύζωνοι en grec) forment l’unité d’élite qui veille sur le Parlement et le Palais présidentiel. Elle assure la garde d’honneur du Président de la République, et veille 24h/24 sur la tombe du Soldat inconnu, place Syntagma, devant le Parlement hellénique.

Les Evzones, une troupe d'élite

Un Evzone en uniforme d'hiver, devant la tombe du Soldat inconnu
Un Evzone en uniforme d'hiver, devant la tombe du Soldat inconnu

Homère, appelait ces guerriers comme eu-zones,  les "biens ceinturés". Après la révolution de 1821, la tenue des Evzones s’impose en tant qu’uniforme national de tous les chefs d’armes et combattants de la révolution. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, nos braves et impassibles Evzones veillent sur la tombe du soldat Inconnu. La relève de la garde est assurée par une troupe vêtue d’une armure pesant environ 20 kg dans un ballet savamment orchestré.
Les Evzones ne sont pas des militaires de carrière. Ce sont au départ de jeunes Grecs qui accomplissent leur service militaire obligatoire. Après une sélection impitoyable, digne d’un casting de cinéma et basée sur des critères comme l'endurance ou la taille, les heureux élus sont choisis. Le futur Evzone doit mesurer plus de 1,87 m et supporter une formation très difficile souvent dispensée dans de mauvaises conditions météorologiques. Lors des exercices, l’Evzone répète invariablement chaque mouvement de la relève de la garde. Tout est synchronisé et surveillé par une hiérarchie impitoyable.
L’enjeu est de taille. Nos Evzones doivent se  donner en spectacle 24 heures sur 24 ! Cette troupe d’élite est devenue une attraction incontournable durant un séjour à Athènes, pour les Grecs comme pour les étrangers. Ce sont les personnages les plus photographiés du pays. Et les touristes n’hésitent pas à photographier la relève même pendant la nuit.

L'une des missions des Evzones est d’assurer la garde de la tombe du Soldat inconnu, place Syntagma.
Les Evzones ont pour mission d’assurer la garde de la tombe du Soldat inconnu, place Syntagma.

Les tsarouchia, chaussures comiques ?

Leur caserne se trouve derrière le Parlement presque en face du Palais Présidentiel. Durant la relève, le bruit de leur chaussures sur le trottoir ne laissent personne indiffèrent et nos chers Evzones ne passent pas inaperçus. Leurs chaussures qu’on appelle tsarouchia sont faites entièrement à la main et la paire pèse environ 3 kg. Spécialement conçues pour les combats de corps à corps elles sont lourdes, dures, résistantes et stables. Chaque chaussure comporte six cents points de couture et chaque semelle est armée de soixante clous. Leur bout est orné d’un pompon noir. De nos jours, il ne reste que trois artisans compétents à transformer le cuir en tsarouchia.

La relève de la garde est un ballet savamment chorégraphié dont on ne soupçonne pas la difficulté.
La relève de la garde, un ballet savamment chorégraphié

L’uniforme des Evzones

Fabriquer l’uniforme d’Evzone est compliqué, coûteux et demande du temps. Les uniformes sont intégralement faits à la main. Il existe deux types d’uniforme, pour l’officier et pour le soldat (l'Evzone), et deux versions, été et hiver. L’uniforme est principalement composé des éléments suivants :
– un béret orné d'un gland de soie noire ;
– une chemise blanche aux manches très évasées ;
– un gilet, arborant des broderies faites à la main qui obéissent à un rare savoir-faire. Ces broderies aux fils blancs ou dorés reproduisent divers motifs de grande importance traditionnelle et ethnographique. La fabrication du gilet exigent un travail long et difficile. La couleur noire de l’étoffe et le blanc de la broderie symbolisent le deuil de l’esclavage et la pureté de l’amour pour la liberté ;
– une jupe, la foustanella, coupée dans 30 mètres de tissu blanc. La particularité de la foustanella est d’être composée de 400 plis qui symbolisent les 400 années noires de servitude sous l’occupation turque. Les luttes incessantes et les sacrifices du peuple grec pour sa liberté sont cousus avec réalisme.
Enfin, les Evzones, chaque dimanche en fin d’après-midi, montent en haut du rocher sacré de l’Acropole pour amener le drapeau national. Un cérémonial sacré pour les Grecs !

© photo principale : City of Athens Convention & Visitors Bureau © photos article de haut en bas : Michalis Manzavinos

  • Josh des Aulnay

    La fierté de la Grèce et des grecs.