Dans les rues d’Athènes

L'une des conséquences indirectes et plutôt plaisantes de la crise dans le centre-ville d’Athènes c’est la multiplication des artistes de rue. Depuis près de quatre ans maintenant, musiciens, chanteurs et autres jongleurs se multiplient à vue d’œil dans les rues de la capitale.

Le désamour grec pour les arts de la rue

Avant 2010, si les artères commerciales de la ville, pouvaient parfois accueillir des musiciens souvent très doués ils étaient quasiment tous plutôt âgés et issus de l’immigration. Musiciens classique venus d’Europe de l’Est et Indiens d’Amérique latine jouant de la flûte de pan « monopolisaient » les belles rues de la capitale après la fermeture des grands magasins ou une fois la nuit tombée.

Dans une société où l’argent ne manquait pas au plus grand nombre, c’est comme s'il y avait, jusqu’au début de la crise en 2010, une honte, une barrière invisible, qui empêchait de jeunes musiciens et artistes locaux de se produire de la sorte dans la rue. Loin d’être vue comme une manière d’exercer son talent devant un auditoire improvisé la chose semblait impensable pour les jeunes Grecs.

Sous les pavés, le spectacle

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Aujourd’hui, cela a profondément changé : une balade dans la rue Ermou de jour ou du côté de Dionysiou Areopagitou (la grande rue piétonne où se trouve le musée de l’Acropole) une fois la nuit tombée vous fera rencontrer toute une série d’artistes : musiciens, danseurs, mimes, jongleurs, chanteurs d’opéra et parfois même acteurs présentant des petites pièces de théâtre. Désormais l’immense majorité de ces artistes est jeune, comme si la crise avait brisé un tabou…

Artisan de rue, un nouveau métier

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Un autre aspect du phénomène, c’est la multiplication des artisans qui vendent leurs produits dans les rues de la capitale. Si bien évidemment, cela existait avant la crise, on ne les voyait en nombre dans le centre que pendant le week-end et ils n’étaient pas plus de quelques dizaines à vendre surtout des bijoux faits main et des peintures.

Aujourd’hui tous les jours de la semaine c’est l’ensemble du somptueux quartier Thission, au pied du Parthénon, qui est investi quotidiennement. La rue Apostolou Pavlou ressemble de plus en plus à un marché en plein air et aux orfèvres et peintres, se sont ajoutés toute une série d’artisans vendant lampes, sacs, bougies, horloges et autres produits faits main.

Comme si l’effervescence créative était devenue la réponse d’une société grecque poussée dans ses retranchements depuis quatre ans…

© photo principale : Pavlos Kapantais © autres photos : Pavlos Kapantais