Balade dans le Jardin national

Au-delà de l’Acropole, de la Plaka et des musées il existe aussi un endroit en plein centre-ville d’Athènes qui, pendant les chaudes journées d’été, protégera telle une oasis le visiteur de la chaleur et lui offrira de l’ombre en abondance. C'est le Jardin national, poumon vert au cœur de la capitale hellénique. L’endroit, riche en histoire, en faune et en flore, bénéficie surtout d’un micro climat : tout au long de l’année la température y est inférieure de deux degrés par rapport au reste du centre-ville.

Petite histoire d'un grand jardin

Situé juste a côté du Parlement (qui, jusqu’en 1974 et l’abolition de la monarchie, fut le Palais royal) ce grand parc de plus de 15 hectares se déploie jusqu’au Palais présidentiel et la Villa Maximos, demeure du Premier ministre, reliant ainsi les trois bâtiments les plus importants de l’État.

Construit à la fin des années 1830, pendant le règne du premier roi de Grèce, le bavarois Othon Ier, il fut en fait un cadeau de la reine Amalia à son mari. C’est pourquoi la grande avenue devant l’entrée principale du jardin porte son nom. En 1839, quand les travaux d’aménagement furent terminés, elle fit même venir de toute la planète plus de 500 variétés de plantes différentes pour l’embellir.

Quelques années plus tard elle fit aussi venir des animaux et aujourd’hui encore le visiteur pourra voir des tortues d’eau, des boucs, des oies, des canards, des lapins, des paons ainsi que des perruches. C’est ce qui attire d’ailleurs pendant les week-ends des familles grecques avec des enfants en bas âge : il s’agit aussi d’un mini parc zoologique.

Pièce d'eau du Jardin national à Athènes
Pièce d'eau du Jardin national à Athènes

Sur les traces de Socrate

Mais l’histoire de l’endroit est, comme souvent en Grèce, bien plus vieille que ses presque 200 ans d’existence moderne. Au vie siècle avant Jésus-Christ déjà, en ce lieu même, se trouvait un des trois parcs publics s'étendant hors des murs de la ville d’Athènes. Dédié à Apollon, dieu de la lumière et de la musique, le parc sacré faisait partie de ces endroits où Socrate aimait se promener et discuter avec ses disciples. Selon les études archéologiques modernes, des traces du parc antique se trouvent ensevelies à environ 1,5 m de profondeur.

À l’époque l’endroit avait été choisi probablement car tous les aqueducs de la ville passaient par là. Vingt-six siècles plus tard, une des sources d’eau du jardin reste l’aqueduc bâti au temps de Pissistratos qui régna sur Athènes de 561 à 527 avant Jésus-Christ.

Athènes a en effet ce charme rare d’avoir su incorporer par endroits les traces et les structures antiques à la vie quotidienne moderne.

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