Anafiotika, les Cyclades à Athènes

Un air des Cyclades souffle en plein centre d’Athènes dans ce petit quartier blanc niché sur le flanc nord-est de l’Acropole. Un petit îlot, entouré d’une mer d’immeubles. On appelle ce minuscule quartier Anafiotika du nom des habitants qui s’installèrent ici au début du siècle dernier, en provenance de l’île d’Anafi (Cyclades sud).
Des petits panneaux vous indiquent « Anafiotika 1 », « Anafiotika 2 » etc
Des petits panneaux vous indiquent « Anafiotika 1 », « Anafiotika 2 » etc

Des maisons blanches avec des fenêtres bleues et vertes, des ruelles pentues débordant de fleurs, de petites marches en colimaçon, voici le cadre idyllique de ce quartier dont la quiétude donne envie de s'y perdre, avec pour toute escorte des chats. Vous en oublieriez presque Athènes. Pourtant, au détour d'un coin de rue, une vue sur la ville vous rappelle que vous êtes bien dans la capitale grecque....

Vous êtes à Athènes, pas aux Cyclades
Vous êtes bien à Athènes, pas aux Cyclades

Pourquoi une île des Cyclades au cœur d'Athènes ?

Ce quartier fut créé vers 1840, onze ans après l'indépendance grecque, par des bâtisseurs spécialistes du marbre, venant de l’île Anafi. Ils étaient arrivés à Athènes pour reconstruire la ville détruite suite à la guerre d’indépendance contre les Turcs. Ils s’installèrent progressivement entre 1847 et 1863, dans l’illégalité, sur un flanc de l’Acropole réservé aux fouilles archéologiques.

Entre les maisons et le rocher sacré de l’Acropole la distance est minuscule
Entre les maisons et le rocher sacré de l’Acropole la distance est minuscule

Leurs maisons furent construites dans le style architectural de leur île d’origine, un style typique des Cyclades. L’existence du quartier a toujours été en sursis car les autorités en reportaient la démolition jour après jour. Une partie de ce quartier fut finalement détruite en 1950 lors de fouilles archéologiques.

La vue sur la ville d'Athènes vous rappellera que vous êtes dans la capitale de la Grèce
La vue sur la ville d'Athènes vous rappellera que vous êtes dans la capitale de la Grèce

La mutation du quartier

Dans les années soixante Anafiotika est devenu le quartier des hippies et des jeunes musiciens contestataires. Une rive gauche au pied de l’Acropole jusqu'à l’arrivée au pouvoir des Colonels qui « ont mis de l'ordre » comme ils aimaient à le dire. Ce fut finalement Mélina Merkouri, devenue ministre de la Culture, qui décida de mettre fin à cette statut précaire. Anafiotika est depuis inscrit sur la liste du patrimoine de la ville d’Athènes et beaucoup de maisons furent rachetées par l’Etat. Aujourd’hui, il ne reste que 45 maisons et une soixantaine d’habitants pour un nombre incalculable de chats. Pour vous évader d’Athènes et vous échapper directement dans les îles grecques, il n’y a pas plus rapide !

Les chats sont omnipresents et adorent les caméras
Les chats omniprésents adorent poser pour les photos

Le parcours du quartier

L’accès à Anafiotika n’est pas difficile. Mais il faut s’engager dans des passages très étroits qui semblent de premiers abords privés. Prenez d'abord la rue Dionysiou Aéropagitou. Juste avant l’arrivée au Musée de l’Acropole, vous montez la petite rue Theorias qui longe le Théâtre de Dionysos. A la fin de la rue, une petite place et l’église Agios-Siméon, tournez à gauche : vous y êtes !

Une petite île cycladique, entourée d’une mer d’immeubles
Une petite île cycladique, entourée d’une mer d’immeubles

Agios Siméon est une église du XVIIe siècle qui a été reconstruite par les Anafiotes en 1874. De petits panneaux vous indiquent « Anafiotika 1 », « Anafiotika 2 » etc. N’ayez pas peur de l’inconnu, même si, au hasard de la promenade, vous vous retrouvez subitement dans la cuisine d’une maison. Les habitants sont toujours prêts à vous aider pour vous retrouver dans ce dédale et même à poser pour une photo souvenir. Les chats prennent eux aussi facilement la pose face à l'objectif.

Le calme des habitants vous donne envie de se promener dans le quartier
Le calme et l'accueil des habitants vous invitent à la promenade

Une deuxième église du XVIIe siècle, Saint-Georges, construite dans le rocher de l'Acropole a été rénovée par les Anafiotes. Devant l'entrée se trouve un petit jardin : un oasis d’oliviers et de bougainvilliers.

Architecture cycladique au pied de l'Acropole
Architecture cycladique au pied de l'Acropole

Montez jusqu'aux dernières maisons d’Anafiotika, la vue d’Athènes y est surprenante. Derrière vous, le rocher sacré de l’Acropole, devant vous, la mer d’immeubles de la capitale grecque. D’ici, dans la nuit du 30 avril 1942, deux jeunes étudiants grecs Apóstolos Sántas et Manólis Glézos sont partis pour enlever le swastika nazi du sommet de l’Acropole afin d'y remettre l'étendard grec dans ce qui est considéré comme le premier acte de résistance de la Grèce occupée.

Pas de question de s’y perdre. L'Acropole est à côté.
L'Acropole n'est jamais très loin.
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© photo principale : Dimitrios Machairidis © photos article de haut en bas : n° 2, 3, 7, 8, 10 Dimitrios Machairidis ; 4, 5, 6, 9 Michalis Manzavinos